From Dijon to new-York

Entretien avec Véronique Barrillot – Artiste peintre

Comment avez-vous découvert l’univers de l’Art ?
Grâce à la mode ! J’ai eu un parcours singulier puisque j’ai commencé par passer un BTS tourisme qui a été le prélude à une succession de moments de vie inattendus. Je ne vais pas vous les confesser tous car ce serait fastidieux. Toujours est-il, qu’un beau jour, alors que j’étais cadre chez H&M, je rentre dans une pièce destinée à accueillir des réunions. Elle était affreusement triste. J’en parle à mon responsable qui, sans hésiter, me donne carte blanche pour lui donner une seconde vie. Ce sera une peinture d’une Marylin ultra pop-art.

H&M version Andy Warhol !
Le résultat a connu un tel succès que je décide, presque sur le champ, de démissionner. Je cours à l’ANPE avec le désir d’en faire mon métier. Là, je redescends sur terre, car tout ce que l’on me propose, c’est de devenir peintre en bâtiment. Je claque la porte ! Très déçue, et alors que je touchais du doigt le vide, je rencontre une femme qui apprécie mon travail et me passe commande d’une fresque.

Pas mal pour une débutante.
Je pense que j’ai toujours eu un ange bienveillant au-dessus de ma tête. De fait, d’autres commandes vont suivre. Ainsi, pour le DFCO, je réalise une chaussure de foot géante, avant de m’attaquer à la façade du Klube. Un pari un peu fou car cette fresque se développe sur un peu plus de vingt mètres. Le tout au pinceau !

Une fois cette oeuvre finie, vous la faites connaître au plus grand nombre, via les réseaux sociaux.
Le plus surprenant, c’est que grâce à eux, je dis au revoir à Dijon, et bonjour à New York ! J’y débarque à la demande d’une amatrice d’Art connue. Pour elle, je dessine une statue de la Liberté de dix mètres de haut à Five Points… que j’entoure des Pleurants qui faisaient au même moment le tour de l’Amérique. Un hommage à Eiffel et à la Bourgogne millénaire !

En vous entendant, je pense au fameux discours de Villepin à l’ONU.
Oui, mais l’objet n’est pas le même. Toujours est-il que cela me permet de poursuivre mon travail à Great Neck, dans une école d’Art importante, qui avait été inaugurée par Francis Ford Coppola. Dans ce cadre étonnant, je peins une grande fresque murale.

Le début de votre histoire Est-Ouest.
En effet, après New York, j’expose un triptyque sur toile au Grand Palais à Paris. Une expérience nouvelle de plus qui me permet de mieux appréhender le milieu de l’Art à travers l’ambiance d’une grande manifestation.

To be continued… à Dijon.
C’est avec plaisir que je retrouve ma ville. Je travaille beaucoup, réfléchis au temps et profite de la vie.

Et après cette étape ?
Je me rends à Figueiras où je tombe en arrêt sur le visage de Lincoln, peint par Dali, qu’il signe en quelque sorte en y ajoutant le portrait de sa femme Gala.

Une révélation
J’aime l’idée de travailler sur deux sujets à la fois, sans pour autant utiliser le vide. De fait, dans la foulée, je décide de réaliser un grand portrait d’Einstein, sur lequel je pose un portrait de Freud. Et, contre toute attente, ça fonctionne. Je renouvelle cette expérience avec Dali et Lincoln, en utilisant, pour cette toile, le même format.

Après ces difféentes approches, où en êtes-vous ?
Je ne cesse de peaufiner ma technique. Je me vois un peu comme une exploratrice face à un nouveau monde. Mes personnages qui se chevauchent, ouvrent sur quelque infini. La jeunesse et la mort. Les morsures du temps.

Votre souhait ?
Faire connaître et apprécier ce concept. Ma dernière exposition, qui s’est tenue sur Times Square à New-York, a interpellé beaucoup de monde. Mon oeuvre, si je peux me permettre ce mot, est très interactive.

Open Art…
No limit, tant pour les sujets que les supports. Je voudrais que tout ce que je réalise soit porteur de vie mais aussi des rêves des uns et des autres.

Le mouvement encore et toujours.
Oui, définitivement !

Véronique Barrillot
Atelier-Expo – 98, rue Berbisey
21000 DIJON
Tél. : 06 45 21 43 50