Du fond et des formes…

Photo : Jonas Jacquel

Entretien avec Sébastien Rebillard, carrossier

Vous exercez un métier peu commun : carrossier peintre. Pourquoi l’avoir choisi ?
Je suis un garçon ! Depuis que je suis gamin, j’ai toujours été fasciné par l’univers automobile. Ainsi, pour les fêtes, mes parents m’offraient de beaux livres qui mettaient en lumière, grandes et petites marques. Cela allait de Aston Martin à Ferrari, en passant par Alpine, Triumph et autres sportives… Je les dévorais littéralement.

Et les études dans tout ça ?
J’ai commencé à suivre un cursus scolaire classique qui, à vrai dire, ne me passionnait guère. De fait, dès la quatrième, j’ai bifurqué vers le lycée Hyppolite Fontaine à Dijon, pour apprendre la profession de carrossier.

Pas celle de mécanicien ?
Curieusement, j’ai toujours été très sensible aux formes des véhicules, aujourd’hui, on dirait à leur design. Regarder une AC Cobra ou une Lamborghini Miura, même à l’arrêt, elles donnent à rêver. Pour moi, et je ne suis pas le seul, il s’agit de véritables oeuvres d’Art, qui roulent.

Plus précisément, comment rentrez-vous dans la carrière ?
En passant un CAP de carrosserie suivi, dans la foulée, d’un CAP de peintre. Quatre ans, deux diplômes avant de partir pour l’armée, puis d’entamer une longue marche.

Vous avez toujours été à votre compte ?
Non, j’ai fait mes classes dans une concession automobile à Beaune et ce, pendant neuf ans. Une époque formidable car nous étions deux carrossiers et nous bénéficions dans notre travail d’une autonomie totale. On prenait en charge chaque client, dès son arrivée, et ce jusqu’à la fin des réparations. Beaucoup de responsabilités et autant de bonheur… Plus un brin de stress tout de même.

Qu’est-ce qui vous a incité à quitter une aussi bonne place ?
L’envie d’ailleurs ! Celle d’aller de l’avant en créant ma propre structure. Un changement radical. Effectivement, on passe d’une marque à plusieurs. Un exercice périlleux à double titre car il faut trouver sa clientèle et « of course » la contenter. Donc, avant d’être un « artiste », j’ai pris ma valise pour démarcher concessionnaires, négociants, assureurs et autres spécialistes liés à l’univers de l’automobile.

Où est votre plaisir ?
Remettre en forme et en beauté un véhicule qui est plus ou moins endommagé. Les gens nous confient leur véhicule puis reviennent parfois le voir, alors que nous sommes en plein travail. Très souvent, ils n’arrivent pas à croire que nous allons arriver à lui donner une seconde vie. Ce n’est qu’au moment de la livraison qu’ils sont conquis. C’est le terme d’un processus magique.

Quelles sont les qualités requises pour être un bon carrossier ?
Avant tout, il faut être fin à chaque étape, en ne laissant absolument rien au hasard. Chaque voiture est un assemblage savant qui demande une lecture précise si on veut lui redonner sa beauté originelle. On est, à notre manière, des orfèvres, sans le savoir.

Vous arrive-t-il de travailler sur des voitures rares ?
Oui, ainsi, on a eu ces temps derniers, une Dino Ferrari, mais aussi une Jaguar type E et une Morgan millésimée 57… Sans oublier une Dodge Viper, et bien sûr, pas mal de Porsche.

J’ai appris que vous faites un peu de circuit
C’est un peu la suite logique de mon travail. On donne des ailes à son rêve.

Quel est le vôtre en tant que carrossier ?
Pouvoir m’offrir un jour, une voiture qui résume ma passion.

Et celui d’entrepreneur ?
Pérenniser l’entreprise pour un jour la transmettre à un passionné comme moi.

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