Auberge du CEP à Fleurie

Comme nombre de chefs, Aurélien a pris goût à la cuisine en regardant, tant sa grandmère que sa mère, s’activer dans la cuisine familiale. Toutes deux étaient des cuisinières averties, amoureuses de leur terroir et de ses richesses. Dans la famille Mérot, le jardin a toujours été l’antichambre du paradis. Comment résister à pareille invitation ? Sans surprise, Aurélien se lance donc dans la carrière gourmande avec une foi à soulever des montagnes. Il fait ses classes à Bellegarde, avant de travailler aux côtés de Georges Blanc à Vonnas, puis chez Delacour à Divonne. Deux monstres sacrés.

Après, il rencontre le « pape » Bocuse qui le jette dans le « feu » de la Brasserie du Nord, qui vient juste d’ouvrir et où l’on sert pas moins de cinq cents couverts par jour ! Le ciel peut attendre … Pour se remettre de ses émotions, Aurélien a besoin de campagne et fait halte à Fleurie, à l’Auberge du Cep, dirigée alors par mains de maître, par l’ultime « mère » de la région, Chantal Chagny pour laquelle chaque service ressemblait à une messe solennelle ! Il faut dire que les fidèles étaient nombreux. Après avoir reçu la bénédiction de sa sainteté, Aurélien reprend son souffle et son bâton de pelerin gourmand pour une autre adresse mythique, la « Chèvre d’Or » où Philippe Labbé décline avec talent, une cuisine solaire. Après les bleus de la Méditerranée, les parfums de la garrigue, Aurélien termine son parcours initiatique au Château de Pizay, une adresse prestigieuse, dirigée par le charismatique Jean Michel Gueguen. Le voilà maintenant à deux pas de chez lui, et seul maître à bord. Là, dans cet écrin de pierres et de verdure, il va donner libre cours à son talent, et du coup ravir une clientèle aussi exigeante que cosmopolite, avec des recettes originales où terre et mer se marient à la lumière des saisons.

Cette maison lui plait mais l’âge venant, il a envie d’ailleurs et de s’installer. Il ajoute : « vous savez, les saumons remontent toujours la rivière ». Il retourne donc à Fleurie pour reprendre avec Camille, l’Auberge du Cep qui était fermée, suite à quelques tribulations. Là, dans un décor lumineux, à la simplicité élégante, ce « modeste » qui n’aime tant que la discrétion, donne enfin toute la mesure de son talent. Il faut goûter, toute affaire cessante, son maigre de vigne à la lyonnaise, ou sa côte de boeuf et sa sauce marchand de vin , pour comprendre ce qu’est vraiment la très belle cuisine. Inutile de vous préciser que chaque saison apporte son lot de merveilles. Côté desserts, c’est la même chanson, d’autant que Camille vous les apporte tout sourire. Pour terminer, je vous conseille entre autres, son soufflé maison à la vanille Bourbon qui vaut, à lui tout seul, le déplacement. En attendant une première étoile, ce Cep mérite déjà une couronne de fleurs !

AUBERGE LE CEP
Place de l’Eglise 69820 FLEURIE
Tél 04 74 04 10 77