L’adieu aux divas

Essais de la Tesla 90 S

Noël ou presque, et pourtant il fait un temps printanier sur la Côte d’Azur. Une fois encore, le soleil joue les prolongations pour le plus grand bonheur d’une équipée de gamins et de quelques gentlemen anglais, qui trichent gaiement avec leur âge, en s’habillant de couleurs vives. God save la Croisette !

Dans mon coin, je piaffe d’impatience car un ami m’a téléphoné pour me proposer d’essayer sa dernière voiture, une Tesla 90 S. Lui, qui ne jurait hier que par Porsche ou Ferrarri, a maintenant les yeux de Chimène, pour cette belle californienne électrique, qui a déjà séduit tout ce qui compte, tant à Hollywood, que dans la Silicon Valley. Pour me présenter sa nouvelle « star », il m’a donné rendez-vous « of course » devant le Carlton. Dès le premier coup d’oeil, je me dis que la belle le mérite, avec sa livrée d’un rouge vif, qui met superbement en valeur, ses lignes épurées. Un compromis savant qui flirte entre Aston, Jaguar, voire même Maserati. Mais, toute comparaison s’envole car dès la prise en main, on est définitivement ailleurs. Adieu boutons, cadrans, manettes et autres comodos… Une tablette tactile géante de dix sept pouces, placée verticalement à la droite du conducteur, regroupe toutes les fonctions. Grâce à elle, on peut tout faire ou presque… A part décoller à la verticale ! Mais d’ici peu, il est fort possible que, Elon Musk, le génial inventeur de cet engin, nous le propose. Ah ! J’allais l’oublier, il y a tout de même un volant !Bien installé derrière, je me décide à partir. Au démarrage, je n’entends rien, mais mon dieu, dès la première accélération, j’ai tous les diables aux fesses ! Ca pousse très très fort. En quittant Cannes pour gagner l’autoroute, je joue avec les feux rouges, laissant sur place, avec un plaisir non dissimulé, quelques énervés du pédalier… C’est donc en toute sérénité, que je file sur l’autoroute, et ce, malgré l’ordinateur de bord, qui affiche en temps réel, ma consommation et l’autonomie restante. Courageux mais pas téméraire, j’ai décidé de n’aller qu’à Sainte Maxime, même s’il y a maintenant des bornes de recharge essaimées un peu partout… Mais sait-on jamais. A partir du Muy, je joue les jeunes hommes pressés tout en écoutant Pavarotti, et en me disant que les divas italiennes ont du souci à se faire. La descente vers Sainte Maxime ne fait que confirmer toutes mes bonnes impressions. Les relances sont vives, les dépassements, une formalité, et le confort olympien. De plus, « ma » Tesla attire autant les regards que la sympathie et les questions. Grâce à elle, j’ai l’impression de retrouver une seconde jeunesse, et pour une fois, de précéder un peu le temps qui va. Après une courte halte sur le port, qui fait penser irrésistiblement à une toile de Dufy, je décide très sagement de regagner Cannes par la côte, en mode « slow » pour le fun ! Après tout, on ne vit que deux fois. A mon arrivée, mon ami m’attend avec un sourire de circonstance. Je le laisse à sa joie pour retrouver ma diesel favorite. A ce moment précis j’ai l’impression d’être un vieux et lonesome cowboy. Le futur a hélàs un prix : 124 000 € !

Tesla Motors Service Center Paris Ouest
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